Environnement

En Tasmanie, déforestation sauvage au Napalm

La Tasmanie, l’un des derniers paradis terrestres. Elle regorge de forêts d’eucalyptus millénaires. Cette grande île au sud du continent Australien semble fuir vers l’Antarctique. Il faut croire qu’elle ne fuit pas assez vite, puisque la sauvagerie des intérêts financiers l’a rattrapé. Là, l’industrie forestière déboise avec une redoutable efficacité. Des hélicoptères font pleuvoir le Napalm pour incendier les forêts et tirer un trait définitif sur une biodiversité végétale et animale millénaire. La production du bois et du papier est à ce prix.

Située à environ 70 km à l’ouest de Hobart, la capitale de Tasmanie, la forêt primaire abrite des eucalyptus géants hauts de près de 90 m, âgés de 200 à 400 ans. Ils sont parmi les arbres les plus grands du Monde. Les troncs peuvent atteindre les cinq mètres de diamètre à leur base. La biodiversité millénaire est ici un trésor végétal et animal inestimable.

Pourtant, c’est quotidiennement, une superficie semblable à 44 terrains de football qui partent en fumée. L’industrie forestière ne recule devant rien. Elle a même mis au point des méthodes extrêmes pour nettoyer le terrain après déboisement. Des hélicoptères larguent des centaines de balles contenant un dérivé du Napalm. Au contact du sol le Napalm explose,  provoquant des incendies qui peuvent durer des semaines. Nettoyage par le feu garanti.

Tasmanie, la forêt primaire brûlée au Napalm
Tasmanie, un hélicoptère lâchant du Napalm

Quelques temps après cet apocalypse, des jeunes arbres exotiques à croissance rapide sont replantés. Ce seront de braves petits arbres bien droits et bien calibrés pour l’industrie !

Puis, afin de préserver ces jeunes arbres et leurs tendres pousses des animaux, l’industrie forestière n’a rien trouvé de mieux que des les empoisonner. Comble du raffinement, ils utilisent le  composé 1080, un agent chimique neurotoxique mis au point par les nazis. La pratique est très efficace. Accessoirement le poison se diffuse dans l’environnement et dans l’eau.  En 2004, prêt de 100.000 animaux ont été retrouvés empoisonnés.

Un diable de Tasmanie

Dramatiquement, ces lieux qui furent jadis paradisiaques disparaissent avec toutes les richesses d’une biodiversité animale et végétale originelle, dans l’indifférence la plus complète. La Tasmanie a perdu 75% de ses forêts originelles. Les marsupiaux, comme les wallabys, les opossums ou les diables de Tasmanie espèce exclusivement Australienne sont en voie d’extinction.

Tasmanie : déforestation au Napalm (extrait de La Terre vue du ciel – Tout est vivant, tout est lié ) :

Le plus écœurant est que le bois et le papier issus de ces forêts, où sont pratiquées ces méthodes si peu écologiques, réussissent à être commercialisés avec le label PEFC censé garantir que les bois viennent de « forêts gérées durablement ». Un consommateur attentif qui voudrait faire un geste pour la planète en achetant un bois ou un papier « certifié » peut finalement se retrouver à cautionner la destruction des forêts primaires de Tasmanie …

A la demande de The Wilderness Society (association écologique australienne), les Amis de la Terre ont lancé une campagne pour interpeller publiquement la certification PEFC et demander l’annulation immédiate de la certification des bois venant de Tasmanie

Dans le Monde, chaque minute 28 hectares de forêts sont détruits. Par an, c’est l’équivalent d’un pays comme la Grèce. Nous, consommateurs de papier et de bois, gardons cela à l’esprit chaque jour. Aussi petit soit-il, nous avons un rôle à jouer.

Pour en savoir plus :

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