Environnement

Le destin des abeilles s’assombrit encore

La mort massive des abeilles reste toujours aussi préoccupante. Chaque année les apiculteurs continuent de perdre au moins 30% de leur cheptel. Par ailleurs, à grand renfort de communication, les ministères des transports et de l’écologie nous annoncent que pour contrecarrer la mortalité des abeilles, au printemps des plantes à fleurs vont être plantées le long de 250 kilomètres de routes. A l’instar des 5 fruits et légumes journaliers que nous devons consommer, les abeilles elles aussi doivent di-ver-si-fier les espèces de pollen qu’elles consomment. Alors, nous sommes sur le bon chemin ? Pas si sur.

Une étude de l’INRA démontre (enfin) le rôle néfaste d’un célèbre insecticide sur la santé des abeilles : le Gaucho.

Alors que jusque là, l’origine de la disparition des abeilles reste plutôt incertaine, une équipe de l’Inra pilotée par Yves Le Conte s’est attaquée à la problématique des pesticides. Ils ont étudié l’imidaclopride, la matière active du Gaucho, insecticide commercialisé par Bayer. Le Gaucho est interdit dans notre pays suite à une augmentation de la mortalité des abeilles en  1998.

L’étude de l’équipe d’Yves Le Conte, montre pour la pre­mière fois qu’à des doses infinitésimales (0,1 partie par milliard), l’imidaclopride a des effets sur les abeilles.  «À l’Inra, nous avons toujours été prudents sur cette question mais, cette fois, on est carré», déclare Yves Le Conte. Ils ont notamment démontré une synergie entre les pesticides et la nosémose, une maladie de l’abeille adulte causée par un microchampignon, le Nosema Apis.

Cette avancée considérable de la recherche fondamentale nous démontre le rôle néfaste de l’insecticide même à des doses infinitésimales. Mais à quoi peuvent bien servir ces travaux au final ? Voyons cela.

Une nouvelle inquiétude : le Cruiser.

Il existe un autre insecticide très polémique : le Cruiser, commercialisé par le groupe Syngenta.  Le Cruiser, un insecticide neurotoxique puissant est accusé par les apiculteurs européens de tuer les abeilles (quelques milliardième de grammes suffiraient).

En Allemagne, suite à l’importante de la mortalité des abeilles dans le sud ouest du pays, le Cruiser a finalement été interdit en Mai 2008 au nom du principe de précaution.

En Italie, il est tout bonnement interdit.

La France aussi a interdit le Cruiser me direz vous ? Eh bien non, puisque, le ministère de l’Agriculture vient de renouveler pour un an son autorisation d’utilisation du Cruiser. Certainement une décision posée relevant d’une analyse lucide de la situation et indépendamment de tout intérêts financiers. Oui mais attention, que le quidam se rassure : pour compenser, on va planter des fleurs sur le bord des routes ! Encore qu’avec seulement 250 pauvres kilomètres, on ne risque pas de voir grand chose.

Dérision mise à part, pourquoi le principe de précaution n’est t-il pas appliqué en France alors que nos voisins européens ont franchi le pas ? Où est la coordination européenne sur ce point ?

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